Lettre de Guy Môcquet à ses parents pour les prévenir qu'il faudra encore résister longtemps
Un article de ArdKorPedia.
22 octobre 1944, 13h30
Ma minuscule mamounette adorée, mon nanoscopique mignon petit frêrôt, mon tendriculet papinou,
ça biche ? Je vous fais juste un petit mot très bref car l'officier allemand chargé de nous fusiller vient à l'instant de balancer une rafale. Le temps presse ; il faut faire vite ; pas une seconde à perdre. Je vais donc très vite vous saluer tous, toi ma maman chérie, vous, monsieur Papa, cher oncle Riri : allez, on peut dire que c'est fait ?
Au fait, vous voulez savoir pourquoi ils nous fusillent, ces bâtards ? pour deux pauvres petites balles dans le dos à un contre-maître boche que personne ne connait ! Arg, les temps sont vraiment durs pour tous les ouvriers.
Voilà, je vais devoir vous laisser car la balle arrive à très très grande vitesse, ça va être un massacre. De toutes façons, à quoi bon vivre sous De Gaulle ? Sous Pompidou, sous Giscard, sous Mitterand, sous Chirac ? Aucun intérêt, et de toutes façons, pas le choix.
Bisou, tschuss, et n'en fumez pas trop,
Guy Môcquet.
PS : Si dans 63 ans un milicien hongrois prétend récupérer cette lettre, envoyez-le ch... ah... ahhh... merde, j'ai même plus le temps de signer.
